Tous les thés verts
pour le plaisir et la santé

L’esprit du thé

Boisson la plus répandue dans le monde, le thé s’est adapté à toutes les civilisations, avant tout parce que c’est une boisson saine, naturelle et désaltérante. Mais aussi parce qu’il reste dans tous les pays un symbole d’accueil, d’hospitalité et de partage.

Il est bu dans toutes les couches de la société, à toute heure de la journée, dans l’urgence et la rapidité mais aussi dégusté dans le calme et la méditation.

En CHINE – L’art du thé “GONG FU CHA”

Dès le XIVème siècle apparaissent en Chine des maisons de thé, des plus luxueuses aux plus simples, nombreuses dans les grandes villes mais aussi dans les campagnes les plus reculées. On y vient pour discuter, se détendre et se divertir.

Depuis l’origine, le thé est servi dans des bols en terre ébouillantés.
Après avoir également ébouillanté la théière en terre, on jette la 1ère infusion et on peut réutiliser les feuilles pour deux ou trois infusions.

Pendant la Révolution culturelle les maisons de thé ont été plus ou moins fermées. On les voit renaitre aujourd’hui partout dans le pays, jusque dans les plus petits villages, et les Chinois reviennent pour échanger dans ces lieux chaleureux.

Les Chinois boivent du thé vert, toute la journée, sauf pendant les repas. Ils utilisent encore le Zhong, ensemble traditionnel et individuel composé d’une soucoupe, d’un bol et son couvercle en porcelaine, qui permet à chacun de doser son thé selon son goût.

Mais aujourd’hui c’est surtout le thermos qui permet à chaque Chinois d’avoir en permanence avec lui sa boisson préférée. On trouve d’ailleurs de l’eau chaude partout en Chine.

Au JAPON – La cérémonie du thé “CHA NO YU”


C’est au Japon que l’on a pu trouver les règles les plus codifiées pour la cérémonie du thé. On atteint un degré de raffinement et de perfection inégalé.

C’est le moine Sen no Rikyu, au XVIème siècle, qui définit les codes de cette cérémonie, encore enseignée aujourd’hui selon les mêmes règles dans les trois grandes écoles japonaises.

Cette cérémonie doit apporter harmonie, respect, sérénité et pureté de l’esprit à ceux qui la pratiquent.
Elle se rapproche clairement de la philosophie du zen :
“….”Okakura Kakuzo

L’art de la dégustation doit permettre de toucher, sentir, goûter le thé.

Un pavillon est attribué à cet exercice, toujours situé dans un jardin zen silencieux.
On y pénètre par une porte basse où l’on doit se courber en signe d’humilité, puis on doit se laver les mains et se déchausser pour se purifier.

Dans un décor très dépouillé, où chaque objet de décoration respecte les codes du jour de l’année, de la saison et du choix des invités, le Maitre de thé reçoit 5 invités.

Avec un rituel très précis, des gestes toujours identiques, le Maitre du thé prélève de l’eau dans la bouilloire en fonte avec une louche en bambou, la verse dans un bol en céramique, le vide puis met de la poudre de thé vert Matcha. Il verse l’eau et bat le thé avec un fouet en bambou, de façon énergique, afin d’obtenir une mousse dite “mousse de jade”.

Chaque invité, après avoir gouté à une pâtisserie qui prépare le palais, l’un après l’autre, boit 3 gorgées de ce breuvage, tout en contemplant dans un grand silence le décor intérieur et extérieur.

Cette cérémonie peut durer entre une et quatre heures.

Il faut lire “Le livre du Thé” de KOkakura Kakuzo pour comprendre parfaitement ce qu’est la Cérémonie du Thé au Japon.

En INDE

Ce pays, aujourd’hui premier producteur et exportateur de thé, qui possède parmi les plus belles plantations de thé, ne consomme que du thé noir, de très moyenne qualité, sans signification de partage ou d’hospitalité.

Ce thé, le Chai Massala, est servi, dans la rue, dans des gobelets de terre à usage unique. Il est infusé dans du lait bouillant, épicé et souvent sucré.

Au MAROC

Le thé vert est arrivé au Maroc, au XIXème siècle, pendant le blocus anglais de la guerre de Crimée.
Les Anglais ont offert du thé chinois au Sultan qui l’a ajouté à l’infusion de menthe, déjà bue par tous les Marocains. Ce fut le coup de foudre.
Aujourd’hui encore les Marocains utilisent toujours ce même thé vert chinois, le Gunpowder, pour la réalisation de leur célèbre thé à la menthe.

Contrairement aux Japonais et aux Chinois, les Marocains le boivent chez eux et non pas dans une maison destinée uniquement à cette cérémonie. Mais il reste symbole de bienvenue et d’hospitalité.

Le rituel reste assez proche de celui de l’Asie même si ici on utilise principalement des verres et du sucre en accompagnement.

En ANGLETERRE, en ECOSSE et en IRLANDE

Les Anglais, les Ecossais et les Irlandais (ces derniers sont les plus grands buveurs de thé du monde) ont une grande tradition du thé, avec des rituels tout au long de la journée et une multitude d’accessoires (mugs, tasses et théières). Mais ils ne consomment que du thé noir, très corsé, agrémenté de lait, de sucre et accompagné de différentes pâtisseries, en fonction de l’heure de la journée.
Cette tradition les empêche de se diversifier vers des thés aux goûts plus subtils et plus fins.

Au TIBET et en ANATOLIE

Le thé vert est la boisson traditionnelle au Tibet, situé sur la route du thé. Il est toujours offert en signe de bienvenue et d’hospitalité.

La préparation est un peu particulière : au thé et à l’eau bouillante, on ajoute du beurre, du lait de yak et du sel, on fouette le tout pour obtenir un mélange homogène.

En RUSSIE, en GEORGIE, …

Même si les Russes boivent principalement du thé noir, nous ne pouvons passer sous silence ce pays et sa grande tradition de thés, souvent agrémentés d’agrumes, de sucre ou de miel.
Lorsque l’on reçoit ses invités, l’eau bouillante est conservée dans le samovar et la théière recueille un sirop de thé très fort, noir ou vert, que l’on sert en petite quantité dans des verres.
Les invités ajoutent alors de l’eau, au fur et à mesure, en fonction de leur goût personnel.

Aux ETATS UNIS

Les Américains ont longtemps gardé les traditions anglo-saxonnes de consommation de thé noir. Au XXème siècle, lors d’une vague de grande chaleur, ont inventé le thé glacé, qui reste aujourd’hui leur boisson préférée.

Malheureusement, il est souvent consommé en masse sous forme de poudre lyophilisée ou de canette.

Mais aujourd’hui il semble que le thé vert fasse de plus en plus d’adeptes parmi une catégorie d’Américains très soucieux de leur santé.

En FRANCE

La consommation est restée très longtemps relativement modeste mais a doublé depuis ¼ de siècle et augmente régulièrement depuis.

Le goût des Français s’affine et, en se développant, entraine une demande de plus en plus diversifiée. Au delà des thés noirs classiques, la demande s’étend aujourd’hui aux thés verts.

Les Français consomment une grande diversité de thés, comme en Asie, à toute heure de la journée, accompagnés de biscuits ou pâtisseries. Ils fréquentent de plus en plus les salons de thés pour y découvrir tous les nouveaux thés.

Ils aiment les thés verts parfumés mais commencent aussi à apprécier les thés verts japonais et leur multitude de saveur.

 

Bibliographie

  • Le livre du thé - Okakura Kakuzo (1906) - Dervy 1992,1998
  • Thés - Olivier Scala - Solar 2005
  • Le livre du Thé Vert - Christine Dattner - Plume 2002
  • Les aliments contre le cancer - Richard Béliveau, Denis Gingras - Trécarré 2006