Tous les thés verts
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Histoire et culture

La légende

L’origine du thé se perd dans la nuit des temps mais sa légende se ressemble dans les trois grands pays où il semble être né.

En Chine, l’histoire raconte que Shen Nong, empereur qui régna de 2737 à 2697 avant JC, grand botaniste avait préconisé à son peuple de faire bouillir l’eau pour contrer les épidémies. Un jour où il dormait sous un arbre quelques feuilles tombèrent dans son bol d’eau et donnèrent cette saveur inimitable.

On trouve en Inde l’histoire du prince Bodhidharme, qui vécut au 6ème siècle de notre ère, prêchant sur les chemins la doctrine bouddhiste. Il fit vœu de ne pas dormir pendant les 9 ans que durerait sa mission. Mais la 3ème année, il fut pris de somnolence et mastiqua par hasard des feuilles d’un théier sauvage sur son chemin, l’effet fut immédiat et il put poursuivre sa mission les 6 années suivantes sans dormir.

Au Japon nous retrouvons le même Bodhidharma qui au cours de sa mission s’endormit et furieux à son réveil se coupa les paupières pour garder toujours les yeux ouverts. Là où tombèrent les paupières se mirent à pousser deux arbres merveilleux dont il infusa quelques feuilles dans son bol d’eau et il ne dormit plus jusqu’à la fin de sa mission.

L’histoire


En Chine, dès l’origine, on remarque que le thé vert est surtout utilisé dans de nombreuses compositions servant de remèdes (digestion, longévité, cicatrisation,…)
Il est utilisé soit en décoction soit en emplâtre, destiné principalement à l’empereur et à sa cour.

Sous la dynastie Tang (618-907) la boisson impériale devient plus raffinée avec des mélanges d’épices, de fleurs ou de légumes, elle est même utilisée en galette, ce qui permet sa conservation et donc sa diffusion géographique.

C’est surtout ces galettes vont permettre sa diffusion sociale, en même temps que les artistes et les poètes de la cour s’en emparent pour le glorifier en objet de culte, le thé vert devient la boisson quotidienne des paysans.

Le raffinement suprême apparaît avec l’empereur Huizhong ( dynastie Song 960-1279) qui impose, pour son usage personnel, une cueillette au lever du soleil, par de jeunes vierges gantées de blanc, qui ne prélèvent avec leur ciseaux d’or que les plus tendres bourgeons (cueillette impériale).
Les grands esprits de la cour se livrent aux premiers concours de dégustation.

De cette époque reste avant tout la notion d’« Art du Thé » mais aussi toute la qualification des thés d’aujourd’hui selon leur période de cueillette et le choix des feuilles récoltées.
Le thé vert est alors toujours utilisé sous forme de galettes ou réduit en poudre pour être battu dans les bols, c’est aujourd’hui encore sous cette forme que les Japonais l’utilisent ,appelé thé Matcha, pour la Cérémonie du thé « Cha no Yu »

C’est l’empereur Zhu Yuangzhang (dynastie Ming 1363-1644) qui interdit la fabrication du thé en galette car trop pénible pour les paysans et c’est à partir de ce moment que l’on infuse la feuille de thé.

C’est à cette période qu’apparaissent les accessoires nécessaires, théières et bols en céramique ou en porcelaine.

Au Japon, le moine Eisai (1142-1215), plante des théiers dans tout le pays et confère à ce nectar une utilisation très spirituelle.

Mais la boisson s’implante vite dans toutes les couches de la population, du paysan aux samouraïs. Ceux ci l’utilisent même pour des pratiques sociales jugées très vite superficielles par les moines qui, furieux, codifient la Cérémonie du Thé, propre à élever l’âme.
Le moine Sen no Rikyu (1520-1591) est le premier grand maître du thé, à l’origine des trois grandes écoles actuelles du thé au Japon.

Le Japon s’enfermant dans un isolement de deux siècles, rien n’évolue vraiment en matière de consommation de thé, elle reste nationale mais très liée aux rituels religieux (voir l’Esprit du Thé).


L’Europe

On peut dater de 1606 l’arrivée de la vraie première cargaison de thé en Hollande, liée à un troc avec de la sauge que les Hollandais voulaient exporter massivement en Chine : tout au contraire ce sont les Chinois qui vont devenir exportateurs et qui sont les premiers et les seuls à faire découvrir le thé vert à toutes les classes sociales et à le démocratiser.

La Compagnie des Indes Hollandaises possède le monopole du commerce du thé vert mais les Anglais, comprenant vite l’intérêt économique, n’ont de cesse de récupérer à tout prix ce monopole.

En France, vers 1636, Madame de Sévigné en parle déjà dans sa correspondance et Louis XIV crée la Compagnie des Indes. Mais le thé reste d’un prix très élevé et donc réservé aux nobles et aux bourgeois. Il est surtout consommé comme boisson médicinale.

Il suffit d’un siècle pour que le thé vert se répande dans tous les salons de l’aristocratie européenne, tout d’abord par curiosité ou par snobisme, puis par goût.

En Angleterre, étonnamment, ce n’est seulement qu’en 1658 que l’on trouve du thé en vente dans le coffee house de Thomas Garraway, coffee house qui est rachetée en 1706 par Thomas Twining !

Mais le succès est immédiat et tel que le breuvage devient très vite la boisson préférée des Anglais.
La reine crée donc en 1599 la Compagnie des Indes Orientales, qui met fin au monopole hollandais en créant un accord d’exclusivité avec la Chine. L’état anglais veut en profiter et décrète une taxe phénoménale dès 1660 sur le thé, ce qui entraine contrebande, mélange frauduleux,… mais rien n’y fait, la consommation ne cesse d’augmenter.

Les premiers colons anglais qui s’installent en Amérique importent avec eux le goût du thé mais, les taxes devenant insupportables, le 16 décembre 1773 des colons jettent les cargaisons de thé dans le port de Boston.
Cette gigantesque infusion est baptisée « Boston Tea Party » et est à l’origine de la création des Etats Unis d’Amérique.

C’est finalement en 1784 que le gouvernement fait passer la taxe de 114% à 12,5% ! et installe sa suprématie avec la création des Tea Clippers, de grands voiliers exclusivement voués au transport du thé, qui rivalisent avec tous les voiliers du monde.

Au fil du temps, les Anglais, supportant mal les exigences chinoises, de plus en plus fortes sur les prix et le choix, après de vaines tentatives de plantation en Europe, utilisent leur contrôle de la culture et commercialisation du pavot en Inde pour se lancer dans une guerre d’échange avec la Chine.
Cela entraine les 2 guerres de l’Opium, perdues par les Chinois, un grand nombre d’ouverture de ports aux Anglais et malheureusement la diffusion massive de l’opium en Chine.

Parallèlement, la Chine a quand même ouvert pacifiquement la Route du Thé, sur les traces de la Route de la Soie, vers la Russie, via Nijni-Novgorod.
Le thé arrive ainsi à la cour impériale de Russie où apparaissent les premiers samovars.

Cette route est utilisée jusqu’au XIXème siècle, apportant le thé jusqu’en Scandinavie.

Le monopole de la Chine n’a qu’un temps : les Anglais, tenus par l’augmentation de la demande mondiale, vont devoir finalement trouver d’autre sites de plantation.

A partir de 1838, les premières exportations de thé quittent deux régions au climat propice : la région d’Assam en Inde et Ceylan, toutes deux colonies britanniques.
Le thé devient anglais !
Thomas Lipton s’installe à Ceylan et ouvre ses boutiques à Londres.

Les plantations de Ceylan vont apporter un grand bouleversement : l’arrivée de machines à rouler les feuilles et une nouvelle préparation de ces feuilles par la fermentation.

La suprématie de la Compagnie des Indes Orientales va modifier le goût des européens durablement, le thé vert chinois va perdre sa suprématie.
Après deux siècles de consommation de thé vert, c’est l’arrivée du thé noir qui domine le marché mondial jusqu’à aujourd’hui ou l’on redécouvre enfin toutes les vertus de ce thé vert.